Je devrais rajouter : quand on n’est pas riche –> Le problème de celui qui survit correctement avec un travail correct et une vie correcte, c’est qu’il essaye de faire mieux que le marché.
Mes amis riches – vraiment riches – eux, sont très conservateurs dans leurs placements : immobilier, bourse 5% de yield annuel, un peu d’or parfois pour les plus flippés. That’s it.
J’ai besoin de faire beaucoup mieux que 5% – sinon ça ne vaut même pas la peine d’essayer.
Et évidemment, pour ça il faut prendre des risques, ou aller sur des choses plus limites, ou mal vues… c’est assez logique en fait.

Alors on a tendance à tout essayer :

  • Le bitcoin et autres ALT-coin, avant de se rendre compte que ça prend un temps fou désormais pour faire un peu de cash, que c’est beaucoup trop risqué et manipulé et qu’il y a trop de frictions pour être viable –> par frictions, je veux dire que le « système » n’en veut pas, et que ça pose des problèmes en cascade : transferts de fonds longtemps compliqués, compta foireuse si on veut faire clean, flag des impôts…. pour moi ça ne devient intéressant de faire les efforts que lorsqu’il y a vraiment un gros gâteau, comme la flambée des cours. Je ne regrette pas cela dit mon expérience « Bitcoin », je n’ai pas trop perdu d’argent, j’ai beaucoup appris et surtout, c’est ce qui a déclenché mon entrée sur la bourse, les investissements, le simple fait d’apprendre à bouger de l’argent, de placer des ordres, de comprendre… priceless.
  • Les put, call, options, iron condor… rentable quand on devient bon (pas mon cas), mais long, laborieux, trop de suivi… en un mot chiant, je veux investir, pas passer ma journée devant l’ordi à trader.

Reste la bourse classique finalement. Et en tant que Français on m’a élevé dans une ambiance totalement hostile et opaque sur cet organe de la finance. J’ai approché ça avec méfiance. Alors que pour les Nord-Américains, ce truc est juste comme un compte épargne, ils placent, bougent, retirent leurs cash – comme si de rien n’était, j’ai été scotché par ça au début. En tout cas la bourse est le lieu officiel et sponsorisé pour faire du cash, alors évidemment, l’expérience est tout de suite beaucoup plus confortable.

Et en bourse, il est plus facile de trouver un équilibre entre le temps passé et les gains espérés.
Par là je veux dire que lorsqu’on rentre dans un secteur, on peut se demander : est-ce que le fait de faire des recherches, de s’instruire, de lire, de discuter – bref d’investir du temps – permet d’améliorer le rendement ?

Mauvaise nouvelle, c’est tout de même difficile – même en consacrant beaucoup de temps – de faire un vrai break par rapport à la moyenne :

  • Les prix contiennent déjà tous les facteurs d’évaluation –> il devient difficile de détecter (pour le clampin de base) les inefficiences du marché et les boîtes à forte valeur ou sous-évalué. Les outils et services qui proposent d’aider à ça sont souvent inefficaces. Sans infos d’insider ou de vraies connaissances secteur, difficile de réellement comprendre ce qu’on achète, à quel prix et face à quels dangers / opportunités.
  • Point positif, on peut quand même faire le travail minimum de regarder les chiffres : bilan, évolution de la marge –> le réel permet déjà d’éliminer des canards boiteux qu’on nous survend ou que des célébrités essayent de « pump » facticement en échange d’actions offertes. Mais en revanche, les entreprises prometteuses sont déjà repérées et surévaluées.
  • Les analyses disponibles sur votre plateforme de trading sont parfois vraiment intéressantes, en particulier si elles sont écrites par des humains. Les analyses automatiques de Simply Wall Street ne valent pas grand-chose par exemple (et sont insupportable à lire) alors que les analyses Morningstar disponibles chez RBC par exemple sont vraiment top, je suis même étonné parfois de comment ils dézinguent une boîte – ça aide beaucoup à comprendre le contexte et les enjeux.
  • Les analyses de courbes –> utiles pour vérifier les zones de support traditionnelles d’une action. Mais comme le marché à tendance à devenir illogique, ça sert surtout je trouve à estimer les points de craquage psychique et de FOMO des gens, mais on est sur du mind game et de moins en moins sur du concret.
  • Timer le marché devient de plus en plus risqué à mesure que le temps s’accélère –> les news vont de plus en plus vite, Trump déstabilise facilement tout, compliqué.
  • Et puis créer et gérer son portfolio d’actions, ça prend du temps, et ça stresse beaucoup. Ça obsède trop.

Donc si on n’est pas capable de vraiment trouver les bons chevaux et que le marché est instable, et qu’on ne veut pas y passer des heures, la logique est de se tourner vers les ETF, avec leurs avantages / inconvénients :

Pro :

  • Bon ratio de frais de gestion vs. yield.
  • Moins stressant. Beaucoup moins stressant.
  • Risque plus bas de faire des conneries, de trop concentrer, de se penser plus malin.

Cons :

  • Le renoncement à tout travail d’analyse qualitative – par définition on ne fera jamais mieux que le marché puisque c’est un index.
  • Les ETF concentrent trop d’argent sur les mêmes choses, on finit par avoir des piles de cash artificielles sur les mêmes compagnies. Possible qu’un jour ça fasse un effet feedback catastrophique. En général, quand tout le monde place son argent au même endroit et que le marché assure que c’est la chose à faire c’est mauvais signe.

Ceux qui sont du côté des actions individuelles et de la recherche se moquent souvent sur les forums des investisseurs en ETF, « just go VGRO » est une moquerie mignonnette sur Reddit. VGRO c’est un ETF « clé en main » de Vanguard avec un objectif croissance, tout en index, et qui fait 9% par an en moyenne. Mieux que 5%, mais pas assez pour réellement améliorer sa vie.

Comment faire mieux ? Trouver où l’argent va aller, soit parce que le marché est prometteur, soit parce que tout le monde va empiler de l’argent sur un secteur. Considération plus générale – le marché se resserre, les pauvres ne sont quasiment plus là, c’est donc un marché de riches. On l’a vu avec la crise sanitaire : les économies sont dévastées, le chômage explose et pourtant la bourse remonte fort. Aux riches l’argent et les aides, aux pauvres la dette. Et avec la COVID, les petites et moyennes entreprises ferment –> la richesse va se concentrer encore plus vite sur le 1% et sur les principales compagnies, et dans la Tech. Le S&P 500 va revenir, mais le NASDAQ va exploser. C’est le seul endroit ou placer logiquement son argent quand on est riche. Le virus a été un très bon révélateur de ce qui tient ou ne tient pas en cas de crise majeure, ou de guerre, ou d’effondrement écologique. Les Tech dématérialisées tiennent. Elles vont même très bien.

Donc puisque qu’on n’est pas en état de vraiment trouver / suivre les entreprises au cas par cas (à part les quelques unes qu’on connaît « intimement »), pourquoi ne pas passer en ETF de secteur ? Ou en ETF actif avec un manager pour contrer le biais de l’index pur ? Oui les frais de gestion coûtent cher, mais après tout, si le gestionnaire fait un travail correct à juste corriger quelques imperfections de l’index ? Pourquoi finalement ne pas exprimer un point de vue sur ce qui doit mieux marcher. Ne plus regarder par entreprise, mais par secteur, quelle est la tendance ? ZQQ (NASDAQ) ou VFV (S&P 500) ? Où va l’argent du monde ?

Et donc pourquoi pas un système hybride ? Je sais, ce n’est pas conforme à la doctrine de la foi des index, mais que voulez-vous, je crois encore qu’essayer de faire différemment de la masse peut marcher… Concrètement on pourrait peut-être imaginer :

  • Suivre quelques entreprises auxquelles on croit vraiment, en direct. Investir dans des boîtes que l’on connaît, avec les outils desquelles on travaille, dont on peut prendre le pouls réel –> toujours gagnant de mon expérience.
  • Côté ETF, selon les objectifs et tolérance au risque de chacun, mais pourquoi pas des ETF de secteurs prometteurs au lieu d’un index global ? Ou au moins un ETF qui resserre sur les 50-100 premières entreprises d’un secteur (relire le point sur la concentration des richesses sur quelques entreprises à chaque crise).
  • Timer quand même le marché – je veux dire : on peut quand même profiter d’évidence –> les ETF de bonds (VAB, ZAG au Canada par exemple) peuvent aussi servir à être partiellement vendus en période de krach pour transférer vers des actions basses. Le dernier krach a donné des points d’entrées probablement rentables à long terme, même en cas de crises successives ou de dépression – un discount de 40% les grandes banques durant quelques jours = à ne pas manquer ?
  • Je ne suis même pas certain que ce soit plus risqué de miser sur le NASDAQ que de prendre des bonds du trésor. Je finis par me dire que le jour où le marché lâchera les grosses entreprises, on pourra aller tous aller faire un gros dodo. So…

Faire mieux que les 5-6% du marché.
Go VGRO 9%.
Ou faire un mix hybride vers 20%.

On verra, je vous ferais un point dans 10 ans.
En attendant, ne m’écoutez surtout pas.

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