le meilleur du livret a et de l'assurance vie

En ces temps de crise, les Français mettent de plus en plus leurs économies sur leur livret A. Or, la hausse continue des encours du livret A se fait de plus en plus au détriment de l’assurance vie. A tel point que – même si la croissance de l’assurance vie ne s’est pas démentie sur 2 ou 3 décennies – certains observateurs n’excluent pas une inversion de tendance à l’avenir au profit du livret A.

Les caractéristiques du livret A.

Avec un taux d’intérêt de 2,25 % exonéré d’impôt et de contribution sociale, c’est actuellement le produit d’épargne sans risque le mieux rémunéré du marché. Son plafond a été porté à 19 125 € au 1er octobre 2012, et est passé à 22 950 euros le 1er janvier 2013.
Il est possible d’ouvrir un livret A pour chaque membre de la famille, y compris les enfants mineurs.

Les caractéristiques de l’assurance-vie.

Pour les assurances vie, il existe 2 types de supports :
1 – Les contrats en euros ou monosupport : ils sont uniquement investis en fonds en euros, sans aucun risque de perte de capital.
2 – Les contrats multisupports, qui comportent à la fois un fonds en euros et des unités de compte  investies en parts de SICAV, FCP ou trackers qui permettent de profiter du potentiel d’évolution des marchés financiers. Le rendement est généralement supérieur sur ces types de contrats, mais évidemment, le capital n’est pas garanti sauf sur la partie fonds en euros.

Le poids respectif de ces 2 types d’épargne.

Le poids lourd c’est l’assurance vie, avec un encours de 1 357 milliards d’euros fin décembre 2011, et 30 millions de Français souscripteurs ou bénéficiaires, selon la fédération française des sociétés d’assurance (FFSA).
D’après les estimations, le montant des cotisations collectées par les sociétés d’assurances au cours des onze premiers mois de 2012 est de 103,5 milliards d’euros contre 114,8 milliards sur les onze premiers mois de l’année 2011. Une collecte en baisse donc.

Par contre, selon le rapport annuel 2011 de l’Observatoire de l’épargne réglementée (OER), publié en juin 2012, l’encours total du Livret A  était de 214,7 milliards d’euros au 31 décembre 2011 en progression d’un peu plus de 20 milliards en un an.
Pour 2012, la collecte pour le livret A et son cousin le livret de développement durable (LDD),  s’élève en cumulé à 43,93 milliards d’euros sur les onze premiers mois de l’année. L’encours total sur les deux produits atteint 330,8 milliards d’euros à fin novembre 2012 selon la Caisse des dépôts, et la collecte devrait continuer à progresser.

L’épargne réglementée n’a jamais été aussi appréciée, mais on le voit, elle est encore très loin de rattraper l’assurance-vie.

A noter que le relèvement en octobre des plafonds des Livret A et Livret de développement durable (LDD) a provoqué un afflux record de fonds. La collecte nette (versements moins retraits) s’est élevée à 21,29 milliards d’euros en octobre, un record absolu. On attend de voir quelle conséquence aura l’augmentation annoncée pour le 1er janvier 2013.

C’est le produit d’épargne le plus utilisé par les Français avec plus de 61 millions de comptes ouverts, même si près de la moitié des Livrets A ouverts ont un solde inférieur à 150 euros.

Le régime fiscal.

Pour le livret A, c’est simple : les intérêts sont totalement exonérés d’impôt et de contribution sociale.

Pour l’assurance vie, en cas de rachat du contrat à partir de 8 ans de détention, les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite de 4 600 € par personne et par an (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune), tous contrats d’assurance vie confondus.
Au-delà, ils sont soumis soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu, soit au prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 %. Dans tous les cas, les contributions sociales sont dues (15.50% en 2012).
Ce régime fiscal intéressant justifie de ne pas mettre fin au contrat avant le délai fatidique de 8 ans. En effet, les sorties sont taxées à 35 % durant les quatre premières années, et 15 % entre quatre et huit ans.
Toutefois, les revenus du contrat d’assurance-vie sont exonérés lorsque la fin du contrat résulte d’un licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité (2ème ou 3ème catégorie), ou liquidation judiciaire.

La périodicité des versements.

Aucune obligation pour le livret A. On verse ce qu’on veut quand on peut.
Par contre, les contrats d’assurance-vie prévoient un calendrier des versements qui peuvent être périodiques, libres, ou même consister en un versement unique au moment de la souscription.

Disponibilité de l’épargne.

Sur le livret A on peut retirer les sommes dont on a besoin quand on le désire.

Contrairement à une idée répandue, l’épargne versée sur un contrat d’assurance vie n’est pas totalement bloquée. Mais il faut attendre en principe au moins un an pour pouvoir demander, en cas de besoin, une avance temporaire moyennant un coût net de 1 à 2 %. Cette avance qui doit être remboursée ne peut excéder 80% pour les fonds en euros ou 60% pour les autres supports. Sinon, on peut demander un rachat partiel du contrat ou un rachat total qui a pour conséquence la résiliation du contrat.

Les performances respectives du livret A et des contrats d’assurance vie.

Si, en montant total,  l’assurance vie est devenue le placement préféré des Français, malgré quelques contraintes, c’est que son taux de rendement était nettement supérieur à celui du livret A. Or, les rendements des fonds en euros garantis n’ont cessé de diminuer sur la décennie 2000-2010, pour tomber sous les 3,5 % en 2010. Selon la  fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), le rendement moyen des fonds en euros a été de 3,4 % en 2010.
Ces fonds en euros garantis qui représentent 85 % des sommes investies ont servi 3 % de rendement moyen en 2011 et le rendement attendu pour 2012 serait d’environ  2,8% avant prélèvements fiscaux et sociaux, voire moins.

Si l’on tient compte des impôts, des contributions sociales (15,5 %) et des frais de gestion, on comprend que l’assurance vie perde du terrain par rapport au livret A  avec ses 2,5 % net.

Il faut se tourner vers les supports en unités de compte des contrats multisupports de l’assurance vie pour avoir des performances bien supérieures. La part à affecter à ces compartiments risqués, puisque le capital n’est pas garanti, dépend des possibilités de chacun, mais les professionnels estiment prudent de ne pas y consacrer plus de 15 à 20 % de ses capitaux.

Les perspectives 2013.

Le taux du livret A dépend étroitement de l’inflation. Son rendement actuel  à 2,5 % est considéré  comme très avantageux, s’agissant d’un produit sans risque dans une période où l’inflation est  faible (la moyenne de 2012 sera  proche de 2% selon france-inflation.com ). Or, la plupart des organismes analysant la conjoncture économique prévoient à nouveau une baisse de l’inflation en 2013.

Aussi les professionnels s’attendent à une baisse du taux d’intérêt de 2,5% à 2 % avant avril 2013, malgré les démentis du gouvernement. Dans ce cas, la collecte exceptionnelle observée ces derniers mois sur le livret A pourrait se rééquilibrer au profit de l’assurance-vie.

Pas si sûr pour d’autres qui  pensent que l’inflation début 2013 devrait augmenter et qu’en conséquence,  le taux du livret A devrait aussi mécaniquement augmenter…
On le voit l’économie n’est pas une science exacte !

En ce qui concerne l’assurance vie,  la baisse du taux de rendement des fonds en euros semble inéluctable.
Certains économistes soulignent également les incertitudes récurrentes sur les évolutions de la fiscalité qui rebute les épargnants. Il en est déjà ainsi de la disparition annoncée du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sur les dividendes et intérêts en 2013 au-dessus de 2.000 euros d’intérêts annuels.  
 Face à la nécessité de trouver de nouvelles recettes, le gouvernement pourrait, en effet, être tenté d’alourdir la fiscalité du pactole que représente l’assurance vie.

L’évolution de la fiscalité, la crainte d’une crise économique durable, et la tendance des ménages à puiser dans leurs contrats d’assurance vie pour financer leur consommation dans cette période difficile ne devraient pas permettre d’inverser la tendance actuelle en faveur du livret A.

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