Phénomène récent et qui ne présage rien de bon pour la société : les Français ont de plus en plus recours aux crédits pour pouvoir se faire soigner. Et avec la crise qui va se prolonger, 2014 devrait marquer une accélération du problème.

De nouveaux crédits pour faire face à la réalité.

un crédit pour les soins dentaires

En janvier 2013, le Crédit Municipal de Paris – un des organismes financiers les plus spécialisés dans les prêts aux pauvres – avait lancé via sa filiale CMP Banque un prêt santé sans condition de 3000€, avec un TAEG de 2,95%.
Ce lancement faisait suite à une étude de la banque qui faisait ressortir que les Français avaient de plus en plus recours aux crédits renouvelable (les pires), pour financer leur soin (notamment les dents, toujours très mal remboursées, mais aussi les problèmes auditifs ou d’addiction, comme l’arrêt du tabac). Quand on sait que les crédits renouvelables fleurtent systématiquement avec les taux maximums autorisés (à la limite de l’usure), on ne peut que se réjouir de cette nouvelle offre (2,95% vs. 22%, c’est vite vu).

Pas que les dents et les lunettes…

Mais ce qui est vraiment symptomatique d’un effritement de la prise en charge des Français, c’est le fait que désormais nos compatriotes ont aussi besoin d’argent pour consulter des spécialistes. On était habitué à devoir se débrouiller pour financer nos dents et nos lunettes (ou l’homéopathie pour certains d’entre nous), mais l’accès aux spécialités lourdes avaient toujours jusqu’ici était garantie comme gratuites.

Apparemment ce n’est plus le cas puisque désormais il semble que de nombreux équipements et actes médicaux ne sont plus pris en charge, notamment pour nos ainés.

Dans la même veine, une enquête de 2012 de la société IHS Insight montrait que les Français commençaient à reporter des dépenses de santé par manque d’argent, et ce dans toutes les classes sociales.

Alors, faut-il reporter ses soins ? Arbitrer ?

Comme beaucoup n’ont pas le choix par manque d’argent, se pose alors réellement la question d’un arbitrage entre les soins.

Il me semble que le plus intelligent est de réfléchir aux conséquences à long terme pour la santé pour arbitrer sur un report de soin. En effet, une constante de l’histoire et des études sociologiques reste que ceux qui prévoient à long terme s’en sortent mieux.

Par exemple, l’arrêt du tabac avec le recours à des patchs ou l’hypnose, ou tout autre moyen, peut-être un bon investissement pour le futur ! Le Crédit Mutuel propose même un crédit arrêt tabac spécifique.

Autre exemple : les brassières dentaires. Certes il s’agit d’un acte médical couteux pour réaligner vos dents, mais à long terme, vous économiserez des fortunes en problèmes dentaires évités. On pourrait à l’extrême aussi considérer une méthode de régime comme un investissement pour éviter les problèmes de santé ultérieur (chirurgie gastrique, reflux acide, ulcère, etc).

Le pire reste à venir.

En attendant, la France n’est plus en état de soigner ses citoyens et les choses devraient empirer dès 2014 avec le chantier des « dépenses de santé excessives » qui est prévue par la Commission Européenne, et qui souhaite mettre « plus de privé » dans les systèmes de santé des États membres encore trop socialistes. Et apparemment ça ne choque personne que des gens renoncent à des soins par manque d’argent.

Photo par Munhoz (http://www.flickr.com/photos/orofacial/)

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