Pour tout achat un peu important, il est légitime de se poser cette question : achat comptant ou à crédit ? Y-a-t-il des cas ou l’un est meilleur que l’autre ? Petite bataille sur quelques exemples…

crédit ou comptant ?

Mais d’abord, quelques questions à se poser !

Pour faire le bon choix entre crédit et comptant, on doit considérer un léger détail : a-t-on un capital suffisant pour acheter comptant ou non ?

Cas n°1 : On n’a pas d’épargne, mais l’achat n’est pas urgent.

Quand on n’a pas d’épargne, il est difficile de ne pas craquer et acheter immédiatement et à crédit le bien convoité. On en a envie maintenant, tout de suite, et pas dans plusieurs mois ou plusieurs années ! Et pourtant, il vaut mieux analyser sa situation financière avec lucidité, car le crédit a toujours un coût. Dès lors qu’il ne s’agit pas d’un crédit à taux zéro, ou à un taux inférieur à l’inflation, il est en principe, moins cher de payer comptant.

Si on envisage un achat non urgent et qu’on n’a pas le premier sou, il est toujours préférable de mettre de côté une mensualité de façon à avoir un petit capital permettant d’acheter comptant. Cette solution comporte au moins deux avantages.

Votre épargne placée sur un livret A ou un livret de développement durable (LDD) , donc en toute sécurité et immédiatement disponible quand vous le désirerez, vous rapportera un intérêt (2,25% net d’impôt), ce qui est toujours mieux que de payer des intérêts sur un crédit.

Vous vous mettez à l’abri d’un imprévu. Si votre chaudière casse en plein hiver, vous pourrez reporter votre épargne sur l’achat urgent d’une nouvelle chaudière sans risquer le surendettement, ce qui pourrait être le cas si vous avez déjà un crédit.

Acheter, par exemple, une voiture neuve à crédit, alors que vous n’en avez pas vraiment besoin, c’est payer très cher pour un bien qui aura, en plus, beaucoup diminué de valeur quand vous aurez payé la toute dernière traite !

Cas n°2 : toujours pas d’épargne, mais Achat urgent.

Évidemment, si vous devez acheter rapidement une voiture indispensable pour aller travailler, vous n’aurez pas le choix, et il faudra bien en passer par un crédit. Vérifiez quand même si vous ne pouvez pas bénéficier d’une aide spécifique. En effet, en France, il existe (encore) de nombreuses aides pour les vraies urgences : habiller les enfants, s’habiller lorsqu’on recherche un emploi, besoin de se chauffer, etc. Rapprochez vous de votre Mairie ou de votre CCAS (Centre Communal d’Actions Sociales), qui gèrent des petits budgets d’urgence. Pour les voitures, des dispositifs de micro-crédit PRO existent. En particulier, des aides sont poussées par l’Etat pour les demandes de crédit au RSA.

Cas n°3 : Achat d’un logement.

Lorsqu’on veut devenir propriétaire de son logement. On est bien obligé de passer par un crédit immobilier. La solution habituelle est d’ouvrir un plan d’épargne logement, PEL, actuellement rémunéré à 2,50 % plus une prime d’État. A l’issue du PEL vous avez, sous certaines conditions, la possibilité de demander un prêt jusqu’à 92 000 € au taux de 4,20 %.

Mais ne décidez pas d’acheter et donc de clôturer votre PEL lorsque le marché de l’immobilier flambe. Dans ce cas, il vaut mieux s’abstenir et constituer une épargne en attendant des jours meilleurs, ou même acheter au moment de la retraite avec le capital épargné. Il faut savoir que le PEL une durée maximale de 10 ans. Passé ce délai, le plan est gelé. Plus aucun versement n’est permis, mais le plan continue de fournir des intérêts pendant 5 ans.
À la 15ème année, il est automatiquement transformé en un livret d’épargne classique, avec un taux de rémunération fixé par la banque.

Cas n°4 : L’investissement dans l’immobilier locatif.

Il peut être intéressant d’investir à crédit dans l’immobilier locatif en profitant des avantages fiscaux octroyés par l’État. Il existe de nombreuses lois de défiscalisation dans l’immobilier locatif, comme la loi Scellier qui sous certaines conditions, peut faire bénéficier l’investisseur d’une réduction d’impôts jusqu’à 63 000 €. La loi Scellier va prendre fin le 31 décembre 2012. La loi Duflot qui devrait lui succéder à partir du 1er janvier 2013, pourrait amener une réduction d’impôts jusqu’à 60 000 €.

Cas n°5 : Les placements avantageux.

Lorsque les taux de crédit sont bas, on peut se constituer une épargne en empruntant une somme d’argent, et en la reportant sur un placement sûr et avantageux, dont le taux de rendement après impôts est supérieur au taux du crédit. Et rembourser le crédit, évidemment…

Mais pour ce type de procédé, il faut être certain que le placement est non seulement avantageux, mais vraiment sûr. Vous devez faire vos comparaisons en situation réelle et sur la durée, et ne pas vous fier aux apparences d’un écart de taux favorable. Pour vos évaluations, il faut connaître le plan d’amortissement du prêt.

  • Le plus souvent, dans le remboursement échelonné, chaque mensualité comporte une partie de capital et une partie d’intérêts.
  • Les premières mensualités comportent donc un maximum d’intérêts.
  • Au fur et à mesure que le capital remboursé augmente, le montant des intérêts diminue. Il est très faible en fin de prêt.

Par contre, les intérêts qui vous sont versés se capitalisent et produisent eux-mêmes de nouveaux intérêts.
Il vaut mieux se faire aider par un conseiller financier de la banque avant de se lancer dans ce type d’opérations !

Cas n°6 : l’on dispose une épargne permettant d’acheter comptant.

Quand on a un capital suffisant pour acheter un bien comptant, il faut se demander :

« Est-ce-que mon capital me rapporte plus que ce que me coûterait un crédit ? »

Si le placement de votre capital est sûr et que son taux de rendement est supérieur au taux du crédit, après déduction des impôts, vous avez notamment, le choix entre 2 positions favorables :

  • payer à crédit, sans toucher à votre capital,
  • ou payer cash, tout en plaçant une mensualité équivalente à celle que vous auriez dû payer si vous aviez pris un crédit. Placement sur le même type d’épargne dont le taux de rendement est supérieur au taux du crédit. Cette solution est en général, la plus favorable.

Mais, avant de prendre une décision, faites une évaluation en prenant en compte tous les éléments, notamment la perte de rendement de la somme utilisée pour payer cash.

Autre élément dont il faut tenir compte ; l’inflation.

C’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Pour évaluer le taux d’inflation, on utilise l’indice des prix à la consommation (IPC). Selon l’INSEE, le taux d’inflation en France en septembre 2012, évalué en moyenne depuis janvier, s’établit à 2,1%. Certains économistes estiment qu’il devrait baisser en 2013.

On distingue le taux nominal du crédit d’un emprunt ou le taux nominal du rendement d’un placement, de leur taux réel.
En gros, le taux réel est égal au taux nominal moins le taux de l’inflation.
Si le taux de crédit est inférieur à l’inflation, vous avez intérêt à faire votre achat à crédit.
Mais pour un emprunt sur le long terme, on ne peut guère s’y fier. Qui peut dire ce que sera l’inflation dans quelques années ?

Les erreurs à éviter.

Si vos évaluations montrent que l’achat cash est plus favorable que l’achat à crédit, pour tout ou partie du bien convoité, n’hésitez pas ! Mais pour cela, évitez de rompre par anticipation tous les contrats qui vous infligent des pénalités fiscales ou vous font perdre des avantages.
Ainsi, le retrait avant 5 ans vous fait perdre les avantages fiscaux liés à votre PEA. De même, la fermeture de votre PEL avant la fin de la période de 4 ans a des conséquences sur votre droit au prêt et à la prime d’État. Évitez également de brader les titres que vous pouvez avoir.

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